De nombreuses personnes nous contactent et relatent les méthodes prédatrices, anti-démocratiques, des développeurs photovoltaïques et des institutions publiques qui les soutiennent. Voici quelques témoignages, retravaillés à des fins d’anonymisation, qui permettent d’illustrer l’hypocrisie de l’industrie photovoltaïque. Vous n’êtes pas seul.es dans votre lutte, l’union fait la force !
A la découverte du projet, "les études étaient déjà bien avancées"...
Voici un témoignage du Morbihan qui illustre une pratique très courante des développeurs: les projets sont développés dans l’ombre pendant 1 voire 2 ans, et ne sont portés à connaissance du public que lorsque le développement est quasiment achevé. Ainsi, les riverains peuvent difficilement faire barrage au projet:
« Nous cherchons à contrer un projet d’installation agrivoltaïque de 26 hectares (dont 7 de panneaux) sur un coteau et dans un vallon. Information parvenue [fin 2025] dans nos boîtes aux lettres une semaine avant démarchage à domicile et permanence d’information en mairie […] Nous avons rencontré l’agriculteur-éleveur d’ovins porteur du projet et les représentants [du projet] pour leur demander de suspendre ou modifier le projet mais avons découvert que les études étaient déjà bien avancées depuis 2023 et communiquées aux élus municipaux, la DDTM aurait même déjà donné un avis favorable et le permis serait déposé en préfecture dans les jours qui viennent »
"L'enquête publique tenait de la farce"
Ce témoignage de Haute-Garonne dénonce à la fois l’absence de démocratie et le contournement des mesures environnementales pour un projet autorisé malgré un recours. Il illustre comment les développeurs arrivent à contourner les normes environnementales, et la mascarade du processus de consultation publique:
« [Le projet] concerne un terrain dit « agricole », mais qui était une zone naturelle jusqu’à la demande de reclassement par le porteur de projet auprès de la mairie, qui l’a acceptée. Il était non exploité depuis plus de quinze ans.
Beaucoup de choses sont contestables:
- L’enquête publique tenait de la farce
- Il n’y a pas eu de demande d’autorisation de défrichement, alors que le terrain est clairement en voie de reboisement […]
- Il n’y a pas eu de demande de dérogation pour destruction d’habitat d’espèces protégées (le porteur de projet indique pourtant clairement la présence de la cisticole des joncs et du chardonneret élégant)
- La concertation avec le voisinage a été inexistante
- [La taille du projet] est au-delà des prérogatives de la Communauté de Communes
- Le caractère agrivoltaïque est contestable du fait que sous les panneaux, il n’y aura que 10 vaches sur les 35-40 du cheptel, les autres paissant à 10 km sur l’exploitation du propriétaire du terrain
Le porteur de projet n’a pas prouvé qu’il n’y avait pas d’autre alternative pour poser ses panneaux. Les sites envisagés (carrière, décharge, plan d’eau…) étaient en activité… Au vu du dossier accessible pour l’enquête publique, il est évident que suite aux recommandations de la MRAe, le porteur de projet s’est vu obligé d’ajouter quelques paragraphes expliquant qu’il n’avait pas d’autre choix que cette zone de biodiversité… »
La commune est contre, mais la préfecture peut arbitrairement se prononcer "pour"
Cette habitante du Lot-et-Garonne raconte comment un projet risque d’entourer sa maison, malgré l’opposition des riverains comme de la commune…
« Ma maison est entourée de champs, appartenant pour la plupart au même agriculteur.
Nous avons appris il y a 1 an que celui-ci avait signé un accord avec un exploitant photovoltaïque pour y installer des panneaux. Notre habitation devrait donc être entourée de panneaux, le paysage totalement modifié… Le conseil municipal s’est positionné contre le projet, mais il nous a été indiqué que la préfecture pouvait arbitrairement se prononcer en faveur. Les études de sol ont été faites il y a quelques mois, la demande de permis de construire déposée d’après nos informations… et il semblerait que l’entreprise exploitante des panneaux solaires ait récemment été rachetée par un groupe portugais […] »
Des habitants "démunis" par le manque d'information et de temps pour contester
Dans la Vienne, plusieurs habitants d’un village sont « inquiets » face à un projet agrivoltaïque environnementalement destructeur, et « désemparés » face au peu de moyens à leur disposition pour contrer le développeur. Là encore, ils n’ont appris l’existence du projet que peu de temps avant le dépôt de la demande de permis de construire. Ainsi le développeur s’assurent que les citoyens n’auront pas le temps de s’organiser.
« Le projet concernerait environ 36 hectares avec l’installation annoncée d’environ 76 000 panneaux photovoltaïques au sol, associés à un élevage de 1 000 moutons.
Nous avons appris l’existence de ce projet il y a seulement un mois. Hier soir, trois représentants [du développeur] sont venus rencontrer les habitants afin de nous présenter — ou plutôt nous “vendre” — le projet. Nous nous sentons cependant totalement démunis face à leur argumentaire très bien rodé et au manque d’informations contradictoires auxquelles nous avons accès.
Le projet est particulièrement préoccupant car il se situe dans une zone naturelle où les cervidés circulent librement depuis toujours. À titre d’exemple, les habitants du petit hameau voisin n’ont même pas l’autorisation de clôturer leurs jardins afin de préserver ces corridors de passage pour la faune sauvage.
Nous avons également appris que le permis de construire devrait être déposé dès cet été, ce qui nous laisse très peu de temps pour comprendre les enjeux réels du projet et nous organiser. »
Malgré le résultat défavorable de l'enquête publique, 22000 panneaux autorisés
Nouvel exemple, cette fois-ci dans l’Aube, d’un préfet qui autorise un projet photovoltaïque contre l’avis rendu lors de l’enquête publique…
« Après une enquête publique où 6 familles ont répondu défavorablement, le commissaire enquêteur a émis un avis défavorable au projet. Malheureusement le préfet a émis un avis favorable et nous ne comprenons pas ce qui a motivé sa décision. Les 22 000 panneaux seront bien implantés pratiquement au cœur du village. »
"La rentabilité est beaucoup trop tentente pour ne pas arracher les vignes"
Précieux témoignage d’un agriculteur, démarché pour un projet agrivoltaïque, et désemparé face à la marée photovoltaïque qui déferle sur les terres agricoles. La crise agricole est une aubaine pour les développeurs, qui exploitent les difficultés financières des agriculteurs pour implanter des projets.
« Je suis agriculteur et j’ai été contacté par une personne pour me proposer d’équiper mes terres de panneaux photovoltaïques. Il m’a aussi expliqué que certains de mes voisins avaient accepté et a souhaité avoir les coordonnées des autres environnants. Cela pourrait devenir un parc d’une centaine d’hectares qui serait situé sur une des plus belles régions de Gironde et sur sa partie la plus préservée. C’est une des zones où se déroulent de nombreuses randonnées et un des meilleurs terroirs pour le vin. Malheureusement la crise a fait des ravages et ses terres appartiennent à des retraités ou futurs retraités. La rentabilité est beaucoup trop tentante pour ne pas arracher les vignes ou faire une autre culture à la place. Nous les amoureux de notre nature et paysages sommes désemparés par cette tournure. Existe-t’il une solution pour arrêter tout cela? »
