Les premières questions que nous devons poser avant de produire de l’énergie, quelle que soit sa forme, sont : avons-nous besoin de cette énergie ? à quoi va-t-elle servir ? à qui ?
Dans le cas de l’énergie photovoltaïque, l’électricité produite sert à intensifier la production capitaliste, en s’ajoutant aux énergies fossiles et non en les remplaçant. On peut donc questionner l’idée même de vouloir produire plus d’électricité. Mais en admettant que cela soit quand même utile et souhaitable, le PV sur ENAF est-il alors indispensable ?
La réponse est non. Pour atteindre les objectifs énergétiques de la France, il semblerait qu’il existe suffisamment d’espaces déjà artificialisés pour accueillir la puissance photovoltaïque requise, et par conséquent que la destruction d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour faire des centrales PV soit largement évitable. La ruée sur les ENAF à laquelle nous assistons aujourd’hui pour ces projets n’est que le résultat d’un opportunisme foncier et financier de la part des industriels.
| Type de surface | Potentiel photovoltaïque (GWc) | Sources |
| Zones délaissées | 15 – 49 |
(L’évaluation basse est une estimation de la filière photovoltaïque, estimant que seuls 70% des surfaces recensées par l’ADEME sont économiquement exploitables) |
| Parkings | 4 – 50 | |
| Toitures | 58 | https://librairie.ademe.fr/index.php?controller=attachment&id_attachment=2475&preview=1 |
| Voies ferrées | 12,6 | https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032124000674 |
| Routes | 52 | https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032124000674 |
| Total | 141,6 – 221,6 |
Estimations du potentiel photovoltaïque des surfaces artificialisées et toitures
Alors que le gouvernement vise 100 GWc de photovoltaïque d’ici 2050, le potentiel des espaces artificialisés et toitures est estimé à bien plus que cela (cf tableau ci-dessus). Nous ne pouvons pas accepter de sacrifier nos prairies, nos forêts, nos cultures, nos espaces naturels et nos plans d’eau sur l’autel de la croissance verte, alors que d’autres espaces moins sensibles écologiquement, et moins cruciaux pour notre souveraineté alimentaire, son disponibles.
